2025

Caroline Dantheny, painting series Le Chant de la Terre


VI

Le Chant de la Terre

- Palazzo Priuli Pesaro, Venezia -


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dur est le voyage ! dur est le voyage !

tant de détours, où en suis je aujourd’hui ?

un jour, quand le long vent coupe les vagues,

hissant une voile de nuages je traverserais l’immense mer

Li Po

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Abstract oil painting by Caroline Dantheny, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre V- 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas in front of La Peau - 2020 - 283x274 cm - Mixed media on free linen canvas


  1. Le Chant de la Terre I, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  2. Le Chant de la Terre II, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  3. Le Chant de la Terre III, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  4. Le Chant de la Terre IV, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  5. Le Chant de la Terre V, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  6. Le Chant de la Terre VI, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  7. Le Chant de la Terre VII, 2025, 198x153 cm, oil on canvas

  8. Le Chant de la Terre VIII, 2025, 198x153 cm, oil on canvas


Abstract oil painting by Caroline Dantheny, 2025, Le Chant de la Terre I, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre I- 2025 - 198x153cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre IV,2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre IV - 2025 - 198x153 cm - Oil on canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre II,2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre II- 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre V, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre V - 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre VII, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre VII - 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre III, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre III - 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny,Le Chant de la Terre VI, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre VI - 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas

Abstract oil painting by Caroline Dantheny, Le Chant de la Terre VIII, 2025, oil on canvas, 198 × 153 cm

Le Chant de la Terre VIII - 2025 - 198x153 cm - Oil on linen canvas


FR

Le sixième chapitre s’écrit aux sons de la Terre.

Le paysage se forme sous nos yeux, non selon une logique géographique, mais selon les mouvements secrets d’une mémoire tellurique. La matière picturale s’impose ici comme une force — fluide, instable, vivante. 

On y perçoit des courants invisibles, des mouvements souterrains, des glissements. La peinture ne cherche pas à figurer un paysage, mais à en capter l’état, son instabilité organique, sa part fuyante.

Chaque toile devient un terrain de fouille, où la lumière jaillit non pour éclairer, mais pour révéler — ou pour brûler. Elle surgit comme un souffle, une tension vive entre ombre et éclat, oubli et réminiscence.

Ici résonne la poésie de Li Po, dont Gustav Mahler s’inspira pour composer Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre).

Ce n’est pas la nature que l’on montre, mais ce que la nature nous fait sentir : sa puissance, son indifférence et par dessus tout sa beauté vertigineuse. Il y a dans cette matière une quête du sublime; Ce moment de bascule où l’on se trouve face à une force qui nous dépasse, à la fois fascinante et insaisissable.

La peinture devient alors un lieu d’épreuve : la lumière y est à la fois révélation et ruine et le sombre n’est pas obscurité, mais profondeur.

Il s’agit peut-être d’une mémoire qui ne serait pas celle des hommes, mais celle du monde lui-même.

ENG

The sixth chapter is written to the sounds of the Earth.

The landscape takes shape before our eyes, not according to a geographical logic, but through the hidden movements of a telluric memory. Here, pictorial matter asserts itself as a force — fluid, unstable, alive.


We perceive invisible currents, subterranean movements, shifts and drifts. The painting does not seek to depict a landscape, but to capture its state, its organic instability, its elusive nature.
Each canvas becomes a site of excavation, where light erupts not to illuminate, but to reveal — or to burn. It rises like a breath, a vivid tension between shadow and brilliance, forgetting and reminiscence.


Here resonates the poetry of Li Po, from which Gustav Mahler drew inspiration when composing Das Lied von der Erde (The Song of the Earth).


It is not nature that is shown, but what nature makes us feel: its power, its indifference and, above all, its vertiginous beauty. Within this matter lies a quest for the sublime; that moment of turning when we find ourselves confronted by a force greater than ourselves, at once fascinating and elusive.


Painting then becomes a place of trial: light is at once revelation and ruin, and darkness is not obscurity, but depth.


Perhaps it is a memory that does not belong to humankind, but to the world itself.

IT

Il sesto capitolo si scrive ai suoni della Terra.

Il paesaggio prende forma davanti ai nostri occhi, non secondo una logica geografica, ma attraverso i movimenti segreti di una memoria tellurica. La materia pittorica si impone qui come una forza — fluida, instabile, viva.

Vi si percepiscono correnti invisibili, movimenti sotterranei, slittamenti. La pittura non cerca di raffigurare un paesaggio, ma di coglierne lo stato, la sua instabilità organica, la sua parte sfuggente.

Ogni tela diventa un terreno di scavo, dove la luce sgorga non per illuminare, ma per rivelare — o per bruciare. Emerge come un respiro, una tensione viva tra ombra e splendore, oblio e reminiscenza.

Qui risuona la poesia di Li Po, dalla quale Gustav Mahler trasse ispirazione per comporre Das Lied von der Erde (Il Canto della Terra).

Non è la natura che si mostra, ma ciò che la natura ci fa sentire: la sua potenza, la sua indifferenza e, soprattutto, la sua bellezza vertiginosa. In questa materia vi è una ricerca del sublime; quel momento di svolta in cui ci troviamo di fronte a una forza che ci supera, al tempo stesso affascinante e inafferrabile.

La pittura diventa allora un luogo di prova: la luce è al tempo stesso rivelazione e rovina e il buio non è oscurità, ma profondità.

Forse si tratta di una memoria che non appartiene agli uomini, ma al mondo stesso.