“Quelque chose nous arrive, quelque chose nous emporte”

G.Deleuze à Vincennes


Je me suis arrêtée à la Tonnara di Scopello après plusieurs semaines sur plusieurs années passées à voyager à travers la Sicile. Je décide de m’y installer en hiver, de penser au pli, de relire Homère* et de peindre au plus prés de la mer, sur de grandes toiles de lin libres.

.


I stopped at the Tonnara di Scopello after several weeks on several years spent traveling around Sicily. I decided to settle there during the winter season, to think about the fold, to re-read Homer and to paint close to the sea, on large free linen canvases.

 

Vue de la Tonnara di Scopello, Octobre 2018.

Vue de la Tonnara di Scopello, Octobre 2018.


. Le fleuve Océan .


Février 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas.

Février 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas.


DSCF1009.jpg

« Quand le navire eut quitté les eaux du fleuve Océan,

il retrouva la houle de la mer aux larges voies

puis l’île d’Aiaié où l’aube, fille du matin,

a ses demeures, son séjour, où le soleil se lève »

Homère, l’Odyssée, Chant XII, V.1



. Le rassembleur des nues .


Mars 2019, 310x279 cm, mixed media on free linen canvas

Mars 2019, 310x279 cm, mixed media on free linen canvas


DSCF1605.jpg

« Quand, les astres baissant, la nuit fut à son dernier tiers,

la Rassembleur des nues fit se lever un vent violent

en bourrasque inouïe ; il couvrit de nuages

la terre avec la mer ; du haut du ciel tomba la nuit. »

 

Homère, l’Odyssée, Chant XII, V.312



. La fille du matin .


Mars 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas

Mars 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas


DSCF1458.jpg

« Lorsque parut la fille du matin, l’aube aux doigts roses,

on tira le vaisseau dans une grotte pour mouillage :

les nymphes avaient là leur beau séjour avec des sièges. »

Homère, l’Odyssée, Chant XII, V.316.



. La fille du Fort .


Février 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas

Février 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas

DSCF1174.jpg

«Cela dit, à ses pieds elle mis ces belles sandales

divines, toutes d’or, qui la portent en lieux humides

et sur la terre sans limites avec la vitesse du vent.

Elle emporta sa forte lance à la pointe de bronze,

La grande lourde lance avec quoi la Fille du Fort,

déchaînée, fait s’abattre les héros, rang après rang.»

Homère, l’Odyssée, chant I, V.96






. L’Ourse .


Janvier 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas

Janvier 2019, 310x270 cm, mixed medias on free linen canvas


DSCF1109.jpg

«Il s’installa, il tint la barre en homme du métier,

et jamais le sommeil ne tomba sur ses yeux

qui fixaient le Bouvier tard couché, les Pléiades,

l’Ourse, que l’on appelle aussi le Chariot

et qui, tournant sur place en épiant Orion, est seule

à ne pas se plonger dans le courant de l’Océan.»



Homère, l’Odyssée, Chant V, V.270


















. Phorcys .


Mars 2019, 250x210 cm, mixed medias on free linen canvas

Mars 2019, 250x210 cm, mixed medias on free linen canvas


IMG_5592.jpg

« Lorsque monta l’étoile très brillante qui s’avance

annonçant la lumière de l’aurore matinale,

le navire de mer s’avançait au-devant de l’île. »

 

Homère, l’Odyssée, Chant XIII, V.93








  • Les extraits cités proviennent de L’Odyssée, Homère, Traduction de Philippe Jaccottet, Ed. La Découverte, Paris